Body

Le gaspillage alimentaire n’a pas à être combattu que par des épiceries et restaurants. On doit également le repousser là où il passe inaperçu, sous le radar. On ne le verrait pas nécessairement au premier abord, mais il y a de quoi se mettre sous la dent à la sortie d’une cuve de microbrasserie.

L’ingéniosité, c’est de trouver et développer cette panacée à la faim grâce à une ressource majoritairement jetée aux ordures: les fameuses drêches de bière, trop souvent inutilisées après l’infusion initiale du grain dans l’eau chaude, communément appelé l’étape de l’empâtage. 

Il y a quelques années à peine, on était déjà aux anges si ce précieux surplus était transmis aux auges d’un friand bétail en campagne. À présent, on réalise enfin le plein potentiel du résidu céréalier: à quel point il est nutritif pour l’humain, riche en fibres, en protéines, en antioxydants naturels et en minéraux essentiels. N’oublions pas non plus sa polyvalence, ni surtout le plaisir gustatif inouï qu’il peut nous procurer.

Nous aimerions vous présenter quelques projets qui mettent ces drêches réellement en valeur.

Vous souhaitez recevoir nos meilleurs articles directement dans votre boîte courriel? Abonnez-vous à notre infolettre en cliquant ici.

Saison 2

La réincarnation du malt? Elle ressemble à de charmants craquelins composés à 50% de malt recyclé. Les géniales Chloé et Félicie, passionnées de bière locale et de circuits courts en alimentation, nous proposent quelques accords: 

  • Pour accompagner une lager nette et fraîche, c’est un go pour la saveur de base: Sel de mer de Terre-Neuve et huile d’olive, avec un peu de farine bio du Moulin des Cèdres, issue d’une agriculture de proximité, et quelques pincées du Newfoundland Salt Company à Bona Vista, bucolique fabrique artisanale.
  • On vous a servi une pinte de stout? Troquons alors notre croustillant apéritif classique pour sa variante au piment habanero, cultivé par la famille Palardy de Saint-Damase, avec un paprika torqué à souhait et un petit punch de pêche. 
  • Pour une bouffée boréale entre deux lampées d’IPA bien résineuse, optez plutôt pour la saveur sapin baumier et ail. Ça fait «woumf»! C’est vrai! C’est documenté! Un «woumf» audible à des mètres à la ronde.
Craquelins à la drêche, Saison 2

Still Good

Dur de résister à ces beaux biscuits revalorisés. Moelleux, chaleureux, on tombe d’abord sur le pain d'épices plein de cassonade et de mélasse. Il y a ensuite les recettes véganes Bananes chocolatées et Carottes maltées, rappelant les gâteaux de notre enfance. Finalement, on s’arrête sur les galettes Betteraves zestées à l’orange et au vrai beurre, préparées avec de la pulpe de jus DOSE

Ils ont comme partenaires l’élégante gamme de soins pour le corps Malté, et plusieurs producteurs de bière montréalais, dont MaBrasserie, EtOH et Harricana. Au moment d’écrire cet article, ils ont transformé près d’un million de livres de drêches issues de ces institutions brassicoles. Ils ont aussi rescapé plus de 100 000 livres de fruits et légumes, et récupéré plus de 200 000 livres de pulpe.

Ce n’est pas tout, Still Good vous lance l’invitation à collaborer pour une revalorisation sans précédent des aliments délaissés, offrant un service de collection et de transformation en de succulentes créations culinaires. Une lutte sans merci qui gardera nos poubelles béantes, vides comme on les aime!

Biscuits à la betterave, Stillgood

COOP Boomerang

L’idée, c’est de faire plus avec moins, d’optimiser la chaîne de production pour une société plus durable. C’est vite dit, mais la coopérative ne lésine aucunement sur l’application de ses impressionnants principes, et ce, tant au niveau du déplacement et de l’empaquetage que des procédés internes paisibles et démocratiques, toujours dans l’optique d’un impact environnemental réduit. Outre les facteurs apparents, n’oublions pas l’empreinte de carbone requise et le montant d’eau dépensé pour faire pousser l’équivalent en blé; une céréale plus faible en fibres, en protéines, pourtant plus calorique (le sucre ayant été extrait des drêches pour donner le moût). 

La coop récupère les grains trempés directement chez les brasseurs, débarrassant leur plancher d’une méchante masse parfois bien odorante à la longue. Comme par magie, de leur usine émerge ensuite une fine farine de drêches, facile à incorporer à nos mets journaliers. Le goût est riche et torréfié, l’écho d’une ale ambrée, caramélisée, voire chocolatée. 

L’ultime collaboration qui a capté notre attention était une magnifique miche régulièrement façonnée avec la Boulangerie St-Vincent. Parmi leurs autres partenaires: La Succursale, L’Amère à Boire, RJ (Belle Gueule) et Le Dispensaire de Bières.

Farine maltée, Coop Boomerang

Rebon

À Saint-Ambroise de Kildare, ces collations sont façonnées avec attention à partir d’un mélange d’orge, d’avoine, de blé et du riz qui provient des excellentes installations du Maltstrom, reconnu mondialement pour ses lagers ahurissantes. On les transporte de Notre-Dame-des-Prairies à Saint-Ambroise de Kildare, où l’on broie, assaisonne, cuit et façonne avec attention une collation santé. 

Celle-ci se positionne avec raison comme un geste concret et défiant contre le gaspillage alimentaire. On nous donne les chiffres, noir sur blanc: 20 bières représentent 3 kilogrammes d’orge malté, qui à leur tour sont transformés en 7 kilogrammes de carrés craquants. Quelle aubaine! Quel exploit!

Elles se prêtent à merveille à de petites fringales sur le pouce, sous un beau gros bout de fromage, autour d’une trempette… comme bon vous semble. Notre molaire est conquise par la sorte testée, celle aux graines de sésame noir et blanc. Quelque chose nous dit toutefois que la variante poivre et citron a aussi le podium dans sa ligne de mire. On vous revient une fois la chose croquée!

Carrés craquants de malt au sésame noir et blanc, Rebon

Continuez la réflexion en apprenant comment les circuits courts en alimentation contribuent à réduire notre impact sur le bilan carbone dans cet article de blogue!

Retour