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On ne fait pas pousser de café au Québec, mais on en boit. Et du bon! Aucun doute, au cours des dernières années, nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus nous contenter d’une boisson chaude ordinaire. Avec la Brûlerie de l’Est et ses nouveaux mélanges signés Brûlerie du Kamouraska, Jean-Pierre Tirman a bien l’intention de mettre de la saveur dans vos tasses… et de vous donner le goût de venir visiter sa région!

Un article signé Simon Jodoin via Tour du Québec.

Voilà un type qui, tout en étant bien enraciné dans sa région, ne cesse d’être en mouvement. Jean-Pierre Tirman, 41 ans, pourrait être qualifié d’entrepreneur en série. À 15 ans, son choix de carrière était fait, il voulait se lancer en affaires. Ses deux parents, professeurs au cégep, caressaient cependant le rêve de le voir devenir lui aussi enseignant. C’est en tentant de suivre cette voie que, jeune adulte, il quittait La Pocatière pour aller étudier les mathématiques à l’Université de Sherbrooke.

Il a appris à compter, mais le goût de l’aventure continuait de le titiller quotidiennement. Dès qu’il voyait une entreprise à vendre, un restaurant, n’importe quoi, il sortait sa calculatrice pour élaborer un plan d’affaires.

«Ça m’obsédait, c’était incroyable. Je n’avais pas encore fini mon bac et j’ouvrais un salon de thé et restaurant 100% végétarien et 100% bio à North Hatley. C’était un des premiers commerces du genre au Québec. C’était ouvert juste l’été, avec une clientèle touristique.»

C’était en 2001. Cette première aventure allait durer deux ans. Assez longtemps pour le convaincre qu’il venait de suivre les premières leçons les plus utiles de sa vie. De retour dans le Bas-Saint-Laurent, ayant obtenu un contrat de remplacement en enseignement, son obsession n’allait pas s’apaiser. L’été suivant, le Café du Clocher à Kamouraska était mis à vente. Une bonne occasion qu’il devait saisir. À 26 ans, il en devenait le propriétaire.

Ce café, il l’a exploité pendant 15 ans, jusqu’à ce qu’il le vende il y a quelques semaines, au début de 2019. Les habitués du coin connaissent bien cet endroit, fort joli, à deux pas de la Boulangerie Niemand. C’est un peu le centre-ville de la région, là où, pendant la belle saison, les touristes et les gens du patelin aiment s’arrêter. De quoi garder occupé le jeune entrepreneur qui, en même temps, a continué d’enseigner à temps partiel dans les écoles de la région.

Il ne le savait pas à l’époque, mais cette première incursion dans le monde du café devait marquer le début de toute une aventure. Le mathématicien-restaurateur allait carrément devenir propriétaire d’une brûlerie régionale.

«Quand j’ai ouvert le Café du Clocher, mon premier réflexe a été de m’approvisionner en café d’une brûlerie locale qui était la Brûlerie de l’Est, une entreprise qui existe depuis 2002. Daniel, le fondateur, me vendait du café et je me suis lié d’amitié avec lui. Je lui donnais des idées, j’imaginais des projets d’entreprise et il m’a offert de devenir copropriétaire. J’ai donc racheté la moitié de l’entreprise il y a une dizaine d’années pour ensuite l’acquérir au complet.»

C’est ainsi que Jean-Pierre Tilman s’est retrouvé à la tête d’une entreprise qui fournit du café à divers commerces de la région, bistros, restaurants et épiceries.

Fin de l’histoire? Non… le début plutôt. Au bout du fil, alors qu’il me raconte ses aventures, il continue de brasser des affaires. Il doit passer chez le notaire d’ici quelques jours, il vient d’acheter le Gîte Maison Chapleau sur la rue Taché à Saint-Pascal, une ancienne demeure victorienne construite à la fin du 19e siècle, question d’y implanter le siège social de la brûlerie. C’est qu’il ne manque pas de projets. Il vient de créer une nouvelle marque de commerce, la Brûlerie du Kamouraska, afin de mettre en marché des mélanges mettant en vedette des commerces de la région.

«L’objectif de la Brûlerie du Kamouraska, c’est de valoriser mes clients qui sont dans le Kamouraska. Certains restaurants et épiceries auront un mélange spécifique à eux, comme le mélange du Jardin du bedeau, le mélange de la Pizzéria St-Louis à La Pocatière ou encore le mélange Pub St-Pascal. Je vais pouvoir commercialiser ces mélanges par le biais des Saveurs du Bas-Saint-Laurent, dans des épiceries à travers le Québec. Autrement dit, en faisant la promotion de ces produits, nous allons aussi faire la promotion des commerces de la région.»

L’idée de cette nouvelle marque est donc de proposer un produit phare afin de démontrer que les entreprises régionales peuvent faire du marketing avec leur emballage. On ne vend plus simplement du café, on met aussi en valeur une région, on fait connaître des lieux, des commerces, des artisans. C’est faire d’une pierre, deux coups. En créant des emballages et des étiquettes, ça ne coûte pas plus cher de faire en même temps du marketing territorial et de donner le goût aux gens de venir visiter ou habiter le Bas-Saint-Laurent.

Pour l’heure, avec sa brûlerie, Jean-Pierre Tilman a su développer sa clientèle de Sainte-Anne-des-Monts jusqu’à Québec. En plus du café, il continue aussi de commercialiser des thés importés sous la marque Liberthé, une autre idée issue de ses premières aventures à North Hatley et qu’il conserve dans sa collection. Avec ses nouveaux projets, il compte bien faire rayonner le Kamouraska aux quatre coins de la province. Chose certaine, à l’écouter parler, il ne semble pas manquer d’imagination ni d’ambition.

On pourrait discuter encore de longues minutes. «Je ne t’ai pas encore tout raconté!» qu’il me dit, en laissant présager que bien d’autres projets tournent dans sa tête. Il est aussi copropriétaire du Labo, solution brassicole, une nouvelle entreprise en démarrage qui fabrique des levures pour les microbrasseries. «Je suis là-dedans depuis un an et demi. Ça fait partie de mon parcours d’entrepreneur. Après 15 ans d’expérience au Kamouraska, je peux accompagner ceux qui commencent. C’est le fun. On peut faire de l’argent, mais c’est important de le réinvestir pour donner un coup de main aux autres.»

On aura sans doute l’occasion d’en reparler. En attendant, une question, toutefois, demeure en suspens. Jean-Pierre n’a pas suivi le chemin tout tracé de la carrière d’enseignant qui se dessinait devant lui, mais ses parents sont-ils quand même fiers de lui?

«Je n’en ai aucun doute!» qu’il répond en riant.

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